Daniel Mille au Sunside le 8 décembre 2009

daniel milleRetour par le Sunside pour ce nouveau passage de Daniel Mille en présentation de son nouvel album L’attente. En quintet, très jazz, bien plus que ne sonne l’album, quoi de moins étonnant dans ce club ? Salle comble, et une chaleur à vous coller les vêtements à votre peau pour ce 2° concert de la soirée.

Mon avis : Le dernier album occupe tout juste la moitié du spectacle. On y retrouve des anciens morceaux, Les minots, Ouro preto, La valse des adieux, Après la pluie. Je peux comprendre que Je ne voudrais pas crever, avec Jean Louis Trintignan ne puisse être joué, mais pourquoi pas La place Sainte Catherine (qu’il avait pourtant interprété en trio à l’émission Le fou du roi vendredi dernier sur France Inter) ?

Mais ne boudons pas notre plaisir. Daniel Mille est égal à lui-même : humilité, talent, partage, émotions… et particulièrement bien entouré. Mille déclare qu’il ne joue pas que du jazz, mais qu’il ne peut être accompagné que par des musiciens jazz. Cela se vérifie parfaitement. Piano, contrebasse et batterie (Alfio Origlio, Jerome Regard, André Céccarelli, du solide en quelque sorte) sont plus qu’efficaces : ils sont mélodieux, inventifs, aussi bien introspectifs que très « groove », respectueux mais aussi libres d’arpenter les harmonies de l’improvisation. Ivresse assurée !

Le trompettiste (Julien Alour) est lui apparu moins à son aise au début du concert, un peu fébrile. Notes peu assurées et assumées, tremblotantes, fausses parfois ( ?), il a fallu plusieurs titres pour que virevolte enfin la joie communicative de son souffle, et notamment s’envole à l’unisson du pianiste sur un morceau comme Les beaux jours par exemple. Il remplaçait (au pied levé ?) Stéphane Belmondo, initialement annoncé.

Daniel Mille est l’homme orchestre du regard, laissant la place de s’exprimer et même de s’effacer quand il le faut. Plus qu’improviser, il imprègne les morceaux de son univers, de ses affects et de son sensible. Moins jazz que ses congénères, mais aussi plus mélodique. L’essentiel était visé et largement atteint au-delà de l’excellence. Et nous, nous ressortions conquis et délicatement joyeux.

Avec : Daniel Mille (accordéon), André Céccarélli (batterie), Jerome Regard (contrebasse), Alfio Origlio (piano) et Julien Alour (trompette).

Pour écouter l’album :