Hadouk trio à l’alhambra, JVC Jazz Festival, le 18 octobre 2008

Une première pour ma part dans cette salle de l’Alhambra. Belle salle, bien accueilli par le partenariat de la salle par TCM (passons sur Métro et Figaroscope…), la salle est complète, plus un strapontin de libre. Public hétéroclite, composé de spécialistes, connaisseurs et personnes recommandées par des tiers.

Mon avis : Hadouk trio fait parti de ces groupes qui m’inspirent dans ma musique et qui m’accompagnent dans mes voyages musicaux, mes moments d’évasion. Alors, autant dire qu’en concert, je m’attends à retrouver ces sensations, où le fragile équilibre de la vibration sonore atteint le point de l’émotion partagée et intense.

Ce fut réussi. Toujours aussi peu diserts sur leur musique les membres du groupe semblent s’isoler pour mieux se retrouver. Ils savent par instinct et expérience qui reprendra quoi et où. Un début, sans mots, où ils entament le tour des titres de leur dernier album avec quelques « standards » de leurs précédents (dont les fameux “Barca Solaris”, “Zeff”,…).

Deux heures de spectacle qui coulent, bercées des sonorités du monde entier. Hadouk trio, pour ceux qui ne connaissent pas vraiment, c’est du jazz world fusion, si on devait mettre une étiquette. Mais ils la transcendent, car ils habitent leur musique par leur interprétation, leur histoire et leur improvisation.

On navigue du jazz, à la musique africaine, orientale, à la bossa, à la salsa… des instruments à vents d’origines diverses de Didier Malherbe (qui a joué avec Gong, Pierre Bensusan,…), des percussions variées de Steve Sheehan (qui joue beaucoup de musiques traditionnelles du monde) et un clavier de Loy Ehrlich toujours aussi éclectique (du piano électrique Fender Rhodes des années 70 aux tambours du gamelan et autres nappes synthétiques) mais aussi de la Kora, je crois, avec sa basse africaine.

Que dire de plus, cela s’écoute, s’apprécie et se savoure. Si on écoute leur enregistrement Live à Fip, sorti en 2004, on a l’idée la plus juste de ce qu’est Hadouk trio en concert : incroyablement fin, intelligent, sensible et rare. Ils synthétisent une certaine idée de la fusion. Sans compter le sens du visuel et du show, à l’instar de Malherbe et ses toupies valses aux conséquences sonores et tactiles imprévisibles.

Toutefois, malgré l’enthousiasme de la salle, on pouvait sentir un peu de retenue, peut être due au cadre un peu intimidant et le solennel de la rencontre du JVC Jazz Festival. On ne fut pas toujours sur des improvisations débridées et qui prennent le temps à chaque titre (le “Barca Solaris” notamment). On pouvait regretter également le temps pris entre les morceaux, certes nécessaire, mais qui brisait l’homogénéité de l’ensemble. Mais ce ne sont que peu de choses comparées à l’excellence de la prestation.

Et que dire de ces rappels mérités et réclamés (par exemple ce titre mélange de sonorités laotiennes, rythmiques groove-dub, et percussions sud américaines et africaines), dont le dernier absolument imprévu et interprété toutes lumières de la salle allumées, public debout dont une partie dans le hall, vestes sur le dos ?

Que c’est Hadouk trio ; leur humilité et l’amour de la musique vous font changer votre façon de percevoir et vivre la musique…