Nicolas Angelich, récital piano au Théâtre des Champs Elysées, le 9 janvier 2008

nicolas_angelich_conques.thumbnail.jpgLe théâtre des Champs-Élysées est bien garni. Un public plutôt vieillissant pour suivre un récital de musique de chambre. A l’affiche, Nicolas Angelich. On dit de lui le plus grand bien, et que sa maîtrise du répertoire de Brahms est sans pareille. “D’origine américaine, mais ayant fait ses études musicales en France auprès d’Aldo Ciccolini, Yvonne Loriod et Michel Beroff, Nicholas Angelich est un déchiffreur exceptionnel, à son aise dans tous les répertoires, y compris contemporain. Trés apprécié par ses pairs comme partenaire de musique de chambre, il est déjà, à 35 ans, un grand du piano.”

Mon avis : Autant le dire, c’est du très haut niveau. Associé à la finesse, au raffinement et à la virtuosité de Angelich, voilà de quoi faire apprécier. Et pourtant, je n’ai pas réussi à véritablement adhérer. Oh, non pas que cela soit mal joué, ni même mal interprété. Bien au contraire. Des deux parties, j’ai préféré la première. Schubert me parle plus et son Brahms est effectivement introspectif, aérien, parfois ténébreux. Beethoven m’a peu touché. Hormis quelques variations, plus sombres et lentes.

Le jeu de Angelich est clair, limpide, cristallin dans les aigus, maîtrisés et rond dans les graves. Ce qui est écrit, ici et là, de flatteur sur lui, est juste. Mais peut-être trop, justement. A mon sens, c’est « trop » bien fait. Cela me donnait parfois l’impression de l’élève si brillant, à qui l’on n’a rien à reprocher, qui domine son sujet, l’éclaire de nuances. On sait que tout est bien, mais il y a quelque chose qui ne va pas, sans trop savoir quoi.

Il nous fait partager sa musique, très savante. Mais jusqu’à un certain point. Me voici à regretter de n’être pas chez moi à écouter et surtout réécouter Angelich au calme, détaché du monde. Le théâtre me semble indécent, agissant comme perte de la profondeur de la musique. Le public, ravi, est satisfait. Il a eu ce qu’il voulait.

Bien, mais sans surprise, je me sens peu transporté. Les parties virtuoses s’étirent dans l’attendu. L’introspection creuse la sensibilité convenue. Pas de surprise en somme. Oh, bien sûr, en quelques moments (trop rares pour moi), la magie opère.

Je me suis senti étranger. La salle quant à elle fut plus absorbée. Me voilà bien ennuyé, à ne pas plus apprécier que cela. Mais bon…

Programme :

Schubert : Sonate n° 5 en la mineur D. 537
Brahms : quatre Ballades opus 10
Beethoven : Trente-trois variations sur un thème de valse de Diabelli op. 120